Caussols, sur le plateau

Une étendue presque plate et presque désertique d’herbages, de roches et de sapins, comme une première marche avant les Alpes. Si la solitude se fait trop pesante, la Côte d’Azur n’est qu’à une heure de route.

En bref

Le parcours en 3 phrases

Une surface plus ou moins plane de quelques dizaines de kilomètres. Des pâturages, des cailloux, quelques conifères, et pas grand chose d’autre. Un peu de relief quand même sur l’extrémité sud, histoire d’apercevoir la mer et les sommets des Alpes.

Le parcours en 3 chiffres (approximatifs)

14km environ pour une boucle depuis Caussols. 1335m d’altitude maximum depuis le Haut Montet. 12 habitants/km² (moyenne communale).

3 informations à savoir, pour impressionner vos proches durant la rando

Le plateau est parsemé de « creux » nommées dolines. Elles sont créées par le ruissellement de l’eau sur la roche calcaire. Mais rien n’empêche de raconter à vos coéquipiers que ces formes sont inexpliquées et que c’est pour cette raison qu’un site d’observation astronomique a été installé sur place.

On trouve même des cavités naturelles dans lesquelles l’eau s’engouffre pour rejaillir en contrebas. Les locaux racontent qu’en cas de fortes pluies, un lac temporaire se forme, inondant la route voisine.

Ces particularités géologiques rares plaisent aux visiteurs, qui ont attribué au plateau la note de 4,5/5 sur TripAdvisor. Un seul commentaire négatif : Gekodis, juin 2019 : « Que des pierres. Une colline avec des sentiers de chêvres que vous montez pour finir sur un plateau plat. Non, vraiment, évitez ce lieu. Merci. »

Où ?

Rejoindre la sortie 42 de l’A8. Au rond-point qui suit le péage, bifurquez subitement à gauche, en braquant le volant par surprise. Expliquez d’abord à vos proches qu’il s’agit d’une erreur ; après quelques kilomètres vers Grasse, annoncez-leur que vous avez opté pour une alternative à vos vacances en bord de mer.

Comment ?

Les sentiers balisés permettent de faire le tour du plateau, en empruntant une partie du GR4. Une version courte passe au sud de Caussols, une version plus ambitieuse vient empiéter sur le plateau de Calern au nord, par l’observatoire.

Pour vivre une expérience de liberté totale, abandonner les marquages pour couper à travers le plateau, à l’instinct. Attention aux trous.

Pourquoi ?

Pour savourer un saucisson

Le saucisson s’accorde parfaitement avec les pierres du plateau pour former un ensemble homogène et harmonieux. Prévoir un support coloré : trop de saucissons se font ainsi oublier, et leurs propriétaires s’en rendent compte trop tard, une fois repartis et quand la faim devient insoutenable.

Pour un premier baiser

Pour ce premier rendez-vous, votre future conquête s’attendait à un coucher de soleil sur la côte cannoise ; vous l’avez emmenée à Caussols. C’est quitte ou double : l’idée pourra paraître lumineuse, à condition toutefois que les nuages ne débordent pas trop sur le massif.

Pour faire des économies

Vous avez une vague idée de ce à quoi ressemble la Mongolie : de grandes steppes, des montagnes en arrière-plan, un vent frais. Il manque peut-être un ou deux asiatiques à cheval, mais globalement vous vous dites que le cadre est suffisant pour vous épargner les 3000€ de vols A/R vers Oulan-Bator.

Pour faire un bilan

Ces kilomètres qui semblent s’étirer à perte de vue, cette impression de pouvoir dévaler la pente en courant seront libérateurs : le monde paraît soudain à portée de main. Non, vos perspectives ne sont pas totalement bloquées, comme le prétendait quelques jours plus tôt votre conseiller France Travail.

Pour fuir la civilisation

Un pas de côté d’une vingtaine de kilomètres aura suffi pour oublier les foules qui se massent sur la côte. C’est d’ailleurs sur le plateau que viennent s’isoler ceux qui fuient la pollution lumineuse et préfèrent les extraterrestres aux humains.

Le top 5

Le plus haut

Depuis les 1335 mètres du Haut-Montet, deux postures sont possibles : la vanité, en fixant le sud comme pour dominer les nuages et la vie ; l’humilité, en observant le nord, pour mieux prendre conscience de ses limites face aux puissants sommets alpins.

Le plus beau

Placé dans sa poche zippée, le smartphone attend patiemment l’arrivée au sommet pour immortaliser votre randonnée et rendre publiques les preuves de votre bonheur. Soudain, au hasard d’une pause imprévue et d’un regard qui se retourne, un peu de givre, quelques ombres, deux ou trois cailloux vous font sortir prématurément le téléphone, pour profiter de ce fond d’écran inattendu.

Le plus dur

Deux écoles s’opposent. Certains jugent que le bitume facilite la montée, en la rendant plus automatique et en épargnant à votre cheville les petits cailloux qui la font tourner par surprise. D’autres, au contraire, trouveront que cette piste en goudron qui mène au Haut Montet rend l’ascension interminable.

Le plus peuplé

Avec ses 332 habitants, Caussols n’offrira pas tout à fait les mêmes prestations que les stations de la côte, mais le village est sur une bonne dynamique (15 habitants il y a deux siècles) et il permet au moins l’essentiel, à savoir boire une bière et manger une pâtisserie pour conclure la marche.

Le plus bizarre

On pourra compléter le périple par un crochet au nord, vers les maisons-bulles de l’observatoire du Calern. La démarche de l’architecte vous paraîtra peut-être obscure ; mais elle est au moins la preuve qu’on est sur le plateau à l’abri des jugements, libre de laisser s’exprimer son instinct et son imagination.

Trop…

Trop facile ?

Le circuit proposé dépasse à peine 13km de distance et 300 mètres de dénivelé. Heureusement, il y a un plateau de secours : on peut aller au rab’, en poursuivant au nord, direction le Calern.

Trop dur ?

En planifiant bien son parcours, on peut conserver un dénivelé proche de zéro. ll suffit d’éviter la partie sud et d’inverser la logique, en admirant d’en bas les sommets qui forment la crête.

Les saucicotes

Beauté

Quelques cailloux, quelques sapins, beaucoup de vide : une approche minimaliste de la beauté, une esthétique épurée, sans exubérance ni surenchère.

Difficulté

Les aisselles restent au sec une majeure partie du trajet ; elles ne s’humidifient qu’au cours de l’ascension du Montet, sans mauvaise odeur toutefois.

Tranquillité

Une sorte de vide civilisationnel entre le peuple des mers et celui des montagnes.

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