Lubéron, jusqu’à la crête

Un parcours qui s’écarte des sites prisés de la vallée pour prendre de la hauteur sur les reliefs. Idéal pour les randonneurs agoraphobes, victimes d’attaques de panique dans les « plus beaux villages de France ».

En bref

Le parcours en 3 phrases

Un peu d’effort physique pour affronter les pentes boisées du massif. Un sentiment de plénitude sur les pistes dégagées des sommets. Une pointe de frustration car on aperçoit mal, depuis les hauteurs, les paysages de carte postale si souvent mis en valeur pour promouvoir la région.

Le parcours en 3 chiffres (approximatifs)

Au moins 25km de marche, 1250m de montée, 12km de bus régional « Zou ! ».

3 informations à savoir, pour impressionner vos proches durant la rando

De façon paradoxale, c’est plutôt la pauvreté qui a donné naissance aux villages de charme à l’habitat groupé du Lubéron : les exploitants les plus riches, eux, évitaient ces étroites constructions serrées les unes contre les autres, et préféraient occuper de vastes domaines dans les vallées.

Aujourd’hui, de nombreuses célébrités ont une résidence dans la région : avec un peu de chance, vous croiserez peut-être Ridley Scott, Jack Lang ou Renaud au détour d’un chemin.

Terroir de charme prisé des nantis et des people, le Lubéron n’en conserve pas moins une facette obscure, comme en témoigne la récente et tragique fusillade survenue au cours d’un mariage dans un de ses plus beaux villages.

Où ?

Vous n’aimez pas la géo : Le massif du Lubéron, c’est une sorte de mini-montagne un peu à droite d’Avignon.

Vous aimez la géo : Les sommets du Lubéron séparent deux vallées provençales selon un axe est-ouest, à une altitude moyenne qui dépasse parfois 1000 mètres. Les pentes sont boisées, les sommets dégagés en raison de la traditionnelle activité pastorale.

Au nord, où débute et s’achève notre parcours, il borde le pays de Cavalon, qui est un peu le Lubéron des cartes postales : vignes, forêts, domaines agricoles, villages de charme et carrières d’ocre. Au sud, il surplombe la vallée de la Durance : vignes, villages de charme, irrigation, hydroélectricité.

Comment ?

Traverser la crête pour faire une boucle complète semble ambitieux. La solution trouvée ici est de prendre un bus à Apt, direction « La Brillanne », arrêt à Saint-Martin-de-Castillon. Compter environ 8km de montée jusqu’aux crêtes, à peu près autant sur les hauteurs, puis la même chose pour redescendre sur Apt.

Alternative « bohême » possible : partir d’Apt, rejoindre le Mourre Nègre puis les crètes, redescendre en direction de Céreste, puis errer le long de la D900 en espérant être pris en stop par un chauffeur routier.

Pourquoi ?

Pour savourer un saucisson

Malgré leur vue imprenable, les sommets peuvent être venteux. Mieux vaut prolonger la pause goûter sur des parties plus isolées, légèrement en contrebas, en lisière de forêt par exemple. On peut aussi placer astucieusement des rondelles de saucisson dans les poches latérales de sa veste, de son pantalon et de son sac pour les grignoter tout au long de la marche.

Pour faire des économies

Pour des petites économies : Un détour par les carrières d’ocre abandonnées, légèrement au nord d’Apt, vous évitera les 3€ de tarif d’entrée pour la visite du Colorado Provençal. Chaque profit compte.

Pour de grosses économies : Certains reliefs rouge-ocre du Lubéron ont de petits airs de canyons américains. Ce n’est pas tout à fait le grand voyage dans l’ouest américain que vous avez promis à votre conjoint(e), mais cela vous permettra de conserver des fonds pour rénover votre salle de bains.

Pour un premier baiser

Les champs de lavande restent un incontournable. Si vous randonnez hors de la période de floraison, il faudra être capable de compenser en trouvant les mots qui sauront rendre l’instant romantique. Par exemple en captivant votre partenaire à propos des mystères de la lavande : quelques pistes ici.

Pour faire un bilan

L’idéal est peut-être d’opter pour un bilan en deux temps.

Le premier, plus euphorique, se fera lors de la montée, face aux nuages du matin caressant la vallée. Ce sera l’occasion de se réjouir des charmes de la vie et des réussites de votre existence.

Le second, plus réaliste, surplombera les zones résidentielles et commerciales d’Apt, que vous contemplerez dans votre corps transpirant et fatigué de fin de journée. Avant de reprendre la route puis le travail, un peu moins emballé par la vie, vous ferez alors un bilan plus nuancé.

Pour faire des projets

Il est possible que la beauté du Lubéron vous envoûte au point de ne plus vouloir la quitter. Au cours de votre randonnée, vous découvrirez peut-être, au hasard d’une devanture, l’opportunité de rester sur place une fois votre parcours terminé.

Le top 5

Le plus haut

Le Mourre Nègre (1125m) est le point culminant du massif et du parcours, mais le site en lui-même est un peu décevant. On se sent bien sûr un peu chatouillé une fois au sommet, mais sans trop savoir si la sensation est procurée par l’ivresse des hauteurs ou par les ondes hertziennes.

Le plus panoramique

Il vaut peut-être mieux prendre une longue pause sur le pas de Marseille, un peu plus tôt et un peu plus à l’est. Un petit tour sur soi-même permet de saisir les grandes lignes de la géographie locale : le Ventoux, les Alpes, la Sainte-Victoire, la Sainte-Baume, la Méditerranée.

D’un point de vue psychologique, il est parfaitement normal de sortir son appareil photo pour tenter de capturer la mer, au loin ; mais d’un point de vue pratique, ça ne rendra absolument rien.

Le plus dur

Sans être insurmontable, la montée des crêtes implique d’avaler 700 mètres de dénivelé. Si la vue des nuages caressant la vallée ne vous procure pas d’émotion positive durant l’ascension, c’est que votre cardio est sans doute un peu juste pour ce parcours.

Le plus beau

Il faudra sans doute se rapprocher de la vallée pour profiter du décor le plus bucolique, face aux grands domaines agricoles, aux vignes, aux villages perchés. Ce qui nourrira un amer sentiment d’injustice : les cars de touristes en profiteront autant que vous, sans le mériter bien sûr.

Le plus pratique

On ne recommandera peut-être pas Apt pour un séjour d’une semaine ni même pour prolonger la marche de quelques heures, mais la ville reste utile pour se ravitailler en barres cacaotées avant le parcours et pour manger un bon kebab une fois la randonnée terminée.

Trop…

Trop facile ?

Certains se laisseront peut-être emporter par leur élan pour poursuivre jusqu’au bout de la ligne de crête, direction Lourmarin, Bonnieux ou même le petit Lubéron. Une fois arrivé à Bonnieux, il faudra attendre, fatigué et moite, le bus de 19h26 pour un retour au point de départ.

Trop dur ?

Le Mourre Blanc (432m) situé à quelques kilomètres d’Apt n’offrira ni les mêmes sensations, ni le même spectacle, mais le cadre, à proximité des anciennes carrières, vaut quand même le détour. Le dénivelé modéré rassurera tous ceux qui hésitent entre la marche et la sédentarité.

Les saucicotes

Beauté

La crête permet d’apercevoir les Alpes, la mer, le Ventoux, mais on rate les carrières d’ocre, les vignobles et les demeures de charme.

Difficulté

Un peu de dénivelé, mais le plus dur reste probablement de trouver un bus au bon horaire pour boucler son trajet.

Tranquillité

On ne croise que quelques retraités qui ont fui volontairement leur séjour organisé en car pour renouer avec la liberté.

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